Chapitre 2: Ne me quitte pas
Je me levai et gagnai la salle de bain sous le regard d'Edward. Il était peiné cela se voyait sur son visage. J'entendis sous la douche les rires d'Emmett et je devinai qu'ils étaient tous rentrés, comme l'avait prévu Edward. Je sortis de la douche, m'habilla et resta quelques secondes encore dans la pièce, me promettant de ne pas pleurer, avant de rejoindre Edward.
Il était debout contre la baie vitrée, jambe et bras croisés. Il me regardait. Je m'approchai de lui et le prit dans mes bras.
-Arrête de faire cette tête, le suppliais-je. Souris-moi s'il te plaît.
-Je détruis ta vie, murmura-t-il.
J'entendis à peine ses paroles. Mais elles s'encrèrent en moi, et me déchirèrent le c½ur. Je fondis en larme malgré la promesse que je m'étais faite de ne pas pleurer. Edward gardait ses mains contre lui, ce qui fit que je me sentis plus mal encore. Je commençai à trembler, cette scène étant très ressemblante à celle qu'il m'avait déjà faite, il y a longtemps, peu de temps avant de me quitter.
-Bella ? Bella qu'est ce que tu as ?
Je tournai la tête, mon regard était préoccupé. Je tremblais de tout mon corps.
-Bella ! Qu'est-ce...
-Non, chuchotai-je. Non...
-Quoi, Bella... Quoi ?
Ses mains emprisonnèrent mes poignets. Je me sentais défaillir. J'essayai de me dégager, de me séparer de lui, mais n'y arrivais pas.
-Bella...
Je voulais lui dire, je voulais... Je... Je... Je m'effondrai dans un puis sans fond.
Je me réveillai, peu après, dans le grand canapé du salon. Tous me regardaient. Edward était agenouillé par terre et me tenait par la main. Il se releva et commença à me questionner.
-Bella, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Je le regardai, essayant de me souvenir de la dernière chose qu'il s'était passée. Une vague de panique intense s'empara de moi, remplacée tout de suite par une autre de calme. Je fixai Jasper, stupéfié.
-Bella, du calme. Tout va bien, me dit-il.
Je respirai un grand coup.
-Bella, parle-moi.
Je ne savais ni quoi dire, ni quoi faire, me contentant de les regarder bêtement. Je ne voulais pas parler de ça devant les autres. Du fait qu'Edward voulait me quitter, la chose la plus horrible qui soit.
-Je sais pas, arrivais-je à prononcer.
Tous me regardèrent peu convaincu. Carlisle s'approcha de moi, prit mon poignet et regarda sa montre.
-Tu as l'air d'aller mieux. Tu t'es simplement évanouie. Edward t'a rattrapée avant que ta tête ne heurte le sol. Je m'inquiète juste de la cause de cet évanouissement. Si cela devait se reproduire, je dois aussitôt en être informé.
-Oui, lui répondis-je, toujours un peu perdue.
-Très bien.
Carlisle se leva, et je m'assis.
-Je dois partir. A l'hôpital. S'il y a le moindre problème, je veux que vous m'appeliez aussitôt.
-Bien sûr, répondit aussitôt Edward.
Il s'était assis à côté de moi et avait passé sa main derrière ma taille.
-En ce qui nous concerne, Rose Alice et moi, allons faire des courses, s'enquit Esmée.
-Emmett et moi venons avec vous.
Jasper ne me lâchait pas du regard. Emmett ne rechigna pas, et ils partirent tous, me laissant seule avec Edward.
Je me levai, légèrement tremblotante. Je me pris le pied dans la table, mais Edward m'avait retenue avant que je ne tombe.
Je me retournai contre lui, mais n'osait pas le prendre dans mes bras. Je posai, à la place, mes mains contre son torse, ainsi que mon visage, et humai son odeur. Il enroula ses bras autour de mon dos, et déposa un baiser dans mes cheveux.
-Tu m'as fait tellement peur.
-Désolée.
-Ne le sois pas. Tu n'y es pour rien.
Il s'arrêta de parler une seconde avant de reprendre.
-Dis-moi ce qu'il s'est passé.
Je réfléchis une seconde. Et si c'était faux... Et si je m'étais trompée sur ses intentions, m'en voudrait-il? Serait-il peiné ? Oui, aucun doute. Mais je devais en avoir le c½ur net. Je voulais en être sûre.
-Tu vas me quitter ?
Je levai à peine mon regard, pour voir le sien se décomposer. Il ne s'attendait pas à ça. A tout, sauf à ça.
-Bella, mais qu'est ce que tu racontes ? Je... Je n'ai pas du tout l'intention de te quitter.
-Tu as eu les mêmes gestes, la même façon de me regarder, contrai-je.
-Bella, de quoi parles-tu ? Mon amour... Ce que tu dis n'a aucun sens.
-Tu as dit que tu détruisais ma vie. Tu as eu les mêmes gestes, le même regard, murmurai-je. Je savais pourtant qu'il m'avait entendue.
-Tu parles de... de...
-De quand tu m'as quitté. Quand tu es parti...
Il resserra son étreinte. Il venait de comprendre. Je venais à nouveau de le faire souffrir. J'étais monstrueuse.
-Je suis désolé, je ne voulais pas... Je ne savais pas...
-Non, ce n'est pas ta faute.
-Bien sûr que si.
-Edward...
-Bella... Quand j'ai demandé à Carlisle pourquoi tu t'étais évanouie, il m'a répondu qu'il ne savait pas, mais que la cause était peut-être due à un choc émotionnel violent. J'ai pensé que c'était à cause de ton père, mais en fait, c'est ma faute, la mienne, parce que je n'ai pas fait attention. Je suis désolé.
Il me plaqua contre lui. Je l'embrassai. Son haleine dans ma bouche me procurait toutes sortes de sensations très agréables. Il s'arrêta, bien trop tôt à mon gout, mais contrairement à lui, j'avais besoin de respirer pour vivre.
-Qu'est-ce que je dois faire maintenant ? Demandais-je.
Il comprit tout de suite de quoi je parlais. Je n'avais plus mon père. Il fallait que je prévienne ma mère. Ainsi que Jacob. Je m'étais quand même décidée de lui dire que j'allais me marier avec Edward. Il avait le droit de savoir. Mais est-ce que je devais aller chercher mes affaires chez Charlie... Non ? Peut-être qu'il me pardonnerait. Je ne savais pas.
-Carlisle va aller parler à ton père après son service. Je ne sais pas ce qu'il va lui dire exactement, mais il veut essayer d'arranger les choses entre lui et toi. Et puis, dès qu'Alice sera revenue, elle va t'emmener dans toutes les boutiques de robes de mariages de Seattle.
Je grimaçai.
-Et après, nous nous marierons. Nous irons nous installer en Alaska. On nous pourrons vivre heureux, toi et moi.
Et voilà. Encore une fois, il avait réussi à me redonner courage, rien qu'avec quelques petites phrases.
-Je t'aime, lui dis-je.
-Et moi, encore plus.
Nous restâmes encore un peu dans les bras l'un de l'autre. Je relevai la tête, et lui fit face.
-Il faut que j'aille voir Jake.
-Je ne suis pas sûr que ce soit...
-Il faut que j'y aille et que je lui parle.
Il me reprit dans ses bras, regarda un point quelconque derrière moi et finit par murmurer :
-Très bien. Mais je viens avec toi et tu prends le portable.
-D'accord.
Nous partîmes donc tous les deux, à bord de sa Volvo en direction de la Push. Je n'avais pas prévenu Jake de ma venue, j'espérais donc qu'il serait présent. Edward me déposa à la limite autorisée, m'embrassa, et me laissa m'éloigner à pied. Il n'y avait que deux kilomètres pour aller jusque chez Billy, et j'y fus vite. J'eus à peine le temps de réfléchir à ce que j'allais bien pouvoir lui dire.
En arrivant chez eux, je pris ma respiration un bon coup, et alla frapper. Billy vint m'ouvrir. Il m'invita à entrer. Il m'adressa un regard noir. Heureusement que les regards ne tuent pas. Je serai morte, à n'en pas douter. Quelqu'un avait du le prévenir de la nouvel avant mon arrivée. Mon père ? Ca ne pouvait être que lui.
-Jake est ici ?
Il m'indiqua sa chambre, sans un mot, et j'y allai, dans un petit merci, à peine audible. Je n'eus pas le temps de frapper qu'il fut là devant moi, m'invitant à entrer. Je scrutai son visage. De la fureur ? Il ferma la porte, et je m'assis sur la chaise de son bureau.
-Alors... ? Tu vas te marier avec la sangsue ?
-Jake... Je suis désolée que tu l'aies appris de cette façon !
-Et qu'est-ce que ça aurait changé, que se soit toi qui me l'apprenne.
Je sentis du mépris dans sa voix.
-Jake, je l'aime...
-Moi aussi, tu m'aimes.
-On en a déjà parlé. Pas assez.
-Mais qu'est-ce qu'il a de plus, bon dieu ? Qu'est-ce qu'il a de plus ? C'est un monstre, il te rendra malheureuse, il t'abandonnera dès qu'il en aura marre de toi.
-Jake...
-Il s'amuse avec toi, et toi, tu es tombée dans son piège.
-Arrête !
Il s'approcha de moi, prit mon visage entre ses mains. Non, il ne devait pas. Il ne devait pas, j'allais me marier. Et ça ne ferait que nous faire souffrir, tous les deux, d'avantage. Il approcha sa bouche de mon oreille et murmura :
-Je ne le laisserai pas détruire ta vie. Je ne laisserai pas faire ce mariage.
-Jake.
-Je le tuerai s'il le faut, mais jamais je ne laisserai faire. Jamais.
-Jake...
Je m'approchais de lui, une larme dans le coin de l'½il, et lui envoya la claque du siècle. Et sans me casser la main, cette fois. Il me la renvoya, me projetant au sol. Ma tête cogna contre sa table de chevet. Je me pliai de douleur. Un liquide chaud se répandit sur ma nuque.
Jacob essaya de me relever, mais je ne le laissai pas faire.
-C'est pour cette raison, Jake, que je l'ai choisi, lui. Il ne me fait pas la morale. Il accepte mes choix et mes décisions, fait passer mon bien-être avant le siens, et surtout, il ne me bat pas lorsque nous sommes en désaccord.
-Bella, je suis désolé.
-J'en doute.
-Bella...
-Non, Jake. Je m'en vais. Je ne veux plus jamais te voir. Laisse-moi vivre. Ne viens plus me déranger.
-Bella...
-Au revoir, Jacob.
-Non, attends, je suis désolé... Ne me quitte pas.
Mais j'étais déjà dehors. Je ne l'écoutais plus, ne l'entendais plus. Je me ruai dehors, mais fut prise de vertiges. Je ne pouvais pas retrouver Edward, il ne résisterait pas à l'odeur. Je ne pouvais pas l'appeler, il arriverait en courant, me mangerait avant d'aller s'attaquer à Jake, le pacte serait rompu, et ce serait la guerre. Jake et les Quileutes ne demandaient d'ailleurs que ça. Jake, mais quel idiot.